
Fréquentes mais souvent taboues, les infections vaginales touchent une large proportion de femmes. Dans un entretien accordé au journal « Le Renouveau du Burundi », le vendredi 10 avril 2026, Dr Elie Nkunzimana, gynécologue à l’hôpital Espoir d’Afrique, lève le voile sur ces pathologies curables, tandis que des patientes témoignent de l’importance d’une prise en charge médicale rapide.
Dr Elie Nkunzimana explique d’emblée que les affections vaginales se classent principalement en trois catégories : les mycoses, les vaginoses bactériennes et les infections sexuellement transmissibles (IST). Si la prévention repose sur une hygiène simple : toilette intime à l’eau ou au savon doux, port de sous-vêtements en coton et proscription des douches vaginales le spécialiste met l’accent sur l’arsenal thérapeutique disponible.
« Le traitement est spécifique à chaque type d’infection », souligne-t-il. Pour les mycoses, il préconise l’usage d’antifongiques locaux sous forme d’ovules ou de crèmes. Face à une vaginose bactérienne, il oriente vers des antibiotiques comme le métronidazole. Enfin, pour les IST telles que la trichomonase, il exige non seulement un traitement médicamenteux, mais aussi le dépistage obligatoire du partenaire et une abstinence totale durant les soins pour briser le cycle de transmission.
Ce parcours médical est le seul remède efficace contre la souffrance physique, comme en témoigne Epaphrodite Nibigira, habitant la zone Buterere. Avant de se décider de consulter, elle confie avoir enduré des douleurs vives et un inconfort permanent qui handicapaient son quotidien. Après avoir suivi son protocole de soins, elle se réjouit de sa guérison et lance un appel aux autres femmes : « Prenez à cœur les mesures données par les médecins. Dès l’apparition des premiers signes, ne tardez pas, car c’est une maladie tout à fait curable. »
Dr Nkunzimana alerte également sur les facteurs favorisants, notamment l’usage abusif d’antibiotiques et le diabète non contrôlé, qui déséquilibrent la flore. Il rappelle que la santé intime passe avant tout par une vigilance partagée entre la patiente et son médecin.
Jean Marie Ndayisenga
