Le slam joue un rôle très important dans la cohabitation pacifique. Il constitue en effet un cadre privilégie pour exprimer des opinions en vue de dénoncer des injustices sans violence, sensibiliser sur des thèmes variés. Il sert de pont entre les différences se manifestant dans la société. C’est donc une meilleure façon d’oser dire les non-dits mais d’une manière symbolique et captant l’attention du public. Cela ressort d’un entretien mené le vendredi 9 janvier 2026, avec une slameuse du nom de Nadine Dushime.

«D’après mon expérience, le slam a un impact positif dans la cohabitation sociale. Il est là pour favoriser la compréhension mutuelle et le dialogue. Quand les gens écoutent un slam, ils se reconnaissent souvent dans les mots, ce qui crée un impact positif. C’est beaucoup plus facile que quelqu’un se reconnaisse et adapte un changement à travers les mots et les rimes, les punchlines et les vers», a-t-elle expliqué.
Elle a fait savoir que les slameurs sont souvent perçus comme des porte-voix des oubliés de la société, des messagers ou des consciences éveillées. «Malgré les efforts, nous ne sommes pas toujours assez reconnus à notre juste valeur. Certains nous voient comme de simples artistes, alors qu’en réalité, nous jouons aussi un rôle d’éducateurs, de médiateurs sociaux et de défenseurs de la paix dans la société», a-t-elle déclaré. Définit comme un art de la parole mélangeant poésie, récit, engagement et parfois musique, Mlle Dushime indique que le slam a pour importance de permettre à chacun d’exprimer ses émotions, ses réalités sociales, etc. avec des mots simples mais touchant les âmes de ceux qui l’écoutent.
Elle précise que dans sa vie quotidienne, le slam va au delà d’un métier en indiquant que c’est plutôt une passion qui lui permet de s’exprimer librement, de partager des messages au public et de contribuer positivement au développement de la société. Elle a indiqué que le slam est un métier enrichissant sur le plan humain et moral car, il offre des connaissances mais aussi de l’argent.
La vie quotidienne inspire
«Je m’inspire souvent de la vie quotidienne : les réalités sociales qu’on n’ose pas facilement dire, cela devient mon rôle de dire ces non dits, les injustices, les souffrances, les histoires des gens, l’actualité et les expériences personnelles sont de grandes sources d’inspiration, sans oublier les thèmes qu’on nous donne dépendamment de l’événement», raconte-t-elle.
Partant de son slam intutilé «Fille de Mugamba», Mlle Dushime peut parier que le slam peut facilement toucher les cœurs des gens et adapter un changement positif. «Le public réagit généralement très positivement. On ressent souvent de l’émotion, du silence, des applaudissements sincères. Beaucoup viennent après les prestations pour nous dire que le message les a touchés ou les ont fait réfléchir. Cela montre que le slam atteint son objectif», indique-t-elle.
Malheureusement, déplore-t-elle, le soutien reste encore insuffisant. Elle indique que même si certaines initiatives existent comme les compétitions, les ateliers de Slam, les collectifs, etc. le slam est méconnu comme un véritable outil de cohésion sociale par rapport aux autres arts. «Il mérite plus d’accompagnement, de financement et d’intégration dans les programmes culturels et éducatifs», a-t-elle précisé l’artiste de 18 ans qui évolue actuellement à l’Université du Burundi dans le département de journalisme et communication.
A côté de s’inspirer de l’assertion de Platon qui dit qu’on nait poète, on ne le devient pas, Nadine Dushime s’est inspiré aussi d’autres Slameurs, et avant de faire ses premiers pas dans le Slam. Elle a expliqué que c’est l’école et la famille qui l’ont beaucoup plus aidé à développé son art de Slam en 2020.
Olivier Nishirimbere
