Le 12 juin de chaque année, le monde célèbre la Journée mondiale contre le travail des enfants. Cette année sera axée sur la célébration du 25e anniversaire de l’adoption de la convention sur les pires formes de travail des enfants (1999, n° 182). C’est l’occasion de rappeler à toutes les parties prenantes qu’il est impératif d’améliorer sa mise en œuvre ainsi que celle de la Convention n° 138 concernant l’âge minimum d’admission à l’emploi ou au travail. Le thème de cette année est « respectons nos engagements : mettons fin au travail des enfants »
Malgré les progrès significatifs qui ont été réalisés au fil du temps dans la réduction du travail des enfants, les tendances mondiales se sont inversées ces dernières années, mettant en lumière l’urgence d’accélérer les actions visant à son éradication une fois pour toute et sous toutes ses formes. Avec l’adoption de la cible 8.7 des objectifs de développement durable, la communauté internationale s’est donc engagée à éliminer le travail des enfants sous toutes ses formes d’ici 2025.
Ainsi, il est maintenant temps de faire de l’élimination du travail des enfants une réalité. Pour cette année, il est appelé à la mise en œuvre effective de la Convention n° 182 de l’Organisation international du travail (OIT) sur les pires formes de travail des enfants une action nationale, régionale et internationale redynamisée pour mettre fin au travail des enfants sous toutes ses formes, à travers notamment la mise en oeuvre de politiques nationales et en s’attaquant aux causes profondes de cet enjeu, comme le préconise l’appel à l’action de Durban de 2022. Il est appelé aussi à la ratification universelle de la convention n° 138 de l’OIT sur l’âge minimum, qui, associée à la ratification universelle de la convention n° 182 de l’OIT sur les pires formes de travail des enfants en 2020, offrirait à tous les enfants une protection juridique contre toutes les formes de travail des enfants ; etc.
La prévalence du travail des enfants dans le monde
Depuis l’an 2000, le monde a fait des progrès constants dans la réduction du travail des enfants. Mais, les conflits, les crises et la pandémie de VIH/sida ont plongé davantage de familles dans la pauvreté. Ce qui a fait que des millions d’enfants supplémentaires soient contraints à travailler. La croissance économique n’a pas été suffisante, et encore moins inclusive, pour alléger la pression exercée sur un trop grand nombre de familles et de communautés pour qu’elles recourent au travail des enfants. Aujourd’hui, 160 millions d’enfants travaillent toujours. Cela représente près d’un enfant sur dix dans le monde. En effet, l’Afrique se classe au premier rang parmi les régions, pour le pourcentage d’enfants astreints au travail, c’est-à-dire un cinquième pour le nombre absolu d’enfants astreints au travail soit 72 millions. L’Asie et le Pacifique se classent au deuxième rang pour ces deux mesures, c’est-à-dire 7 % de tous les enfants et 62 millions en termes absolus travaillent dans cette région.
Les régions de l’Afrique et de l’Asie et du Pacifique recensent ensemble près de neuf enfants sur dix qui travaillent dans le monde. La population restante d’enfants qui travaillent est répartie entre les Amériques (11 millions), l’Europe et l’Asie centrale (6 millions) et les États arabes (1 million). En termes d’incidence, 5 % des enfants sont astreints au travail dans les Amériques, 4 % en Europe et en Asie centrale et 3 % dans les Etats arabes.
Fidès Ndereyimana